Skipper Bertrand de Broc

 

Bertrand de Broc, navigateur grand largebertrand de broc

Navigateur finistérien de 53 ans, Bertrand De Broc a fait ses premières armes avec son père sur le requin familial, un vieux voilier de régate et en dériveur, près de Quimper. Il affine sa technique en pratiquant le dériveur et l’optimiste au club de voile de l’Île Tudy. Plus tard, il entame des études dans la marine marchande, qu’il abandonnera au bout d’un an pour se consacrer entièrement à la course au large.  C’est ainsi que dès l’âge de 18 ans, il s’élance sur la ligne de départ de la Solitaire du Figaro, première course qu’il mènera avec beaucoup de réussite. « C’est l’une de mes meilleures Solitaire. J’ai fini 7ème sur 50 partants », avoue Bertrand de Broc. Cette performance le propulse très vite aux côtés des meilleurs skippeurs.

 

Plaisir de naviguer et fortunes de mer

bertrand de broc 1Il goûte rapidement au plaisir de la victoire, mais connaît les revers de fortune et l’amertume de la défaite. « J’ai construit pas mal de bateaux. J’en ai cassé beaucoup aussi. Les choses se sont enchaînées naturellement, avec des hauts et des bas, comme dans toutes les carrières mais je prends toujours énormément de plaisir à naviguer ! » Et les bons souvenirs ne manquent pas. « Je compte une très belle victoire en 1986, j’étais tout jeune, sur la Multi Figaro. J’avais choisi Alain Gautier comme co-skipper, qui n’avait que 22 ans à l’époque. Nous avons remporté cette épreuve devant tous les grands coureurs comme Philippe Poupon, Bruno Peyron, Randy Smith. » Il entretient un rapport particulier avec la course mythique du Vendée Globe qui lui a apporté plus de galères que de récompenses sportives. « Passer son premier Vendée Globe quelques douze heures en tête aux Canaries et mettre Alain Gautier, qui remportera la course, loin derrière c’est un très bon souvenir. » Mais ensuite on se souvient surtout de son visage tuméfié et de cette langue recousue tout seul en plein Océan Indien. Après cette mésaventure, il dut se résoudre à l'abandon, la quille de son monocoque menaçant de le lâcher. Quatre ans plus tard, c'est à quelques miles de l'arrivée aux Sables-d'Olonne que son rêve se brise dans un chavirage fatal. « Mon meilleur souvenir reste sans conteste l’arrivée aux Sables d’Olonne lors de l’édition 2012-2013 et là ça a été extraordinaire, après 92 jours de navigation, je ramenais mon bateau en bon état, sans aucune casse. » Et pourtant, il s’était lancé dans l’aventure au tout dernier moment, obligé jusqu'au bout de courir les réunions publiques pour boucler son budget, avec l'aide de souscripteurs qui gagnaient en échange le droit d'avoir leur nom inscrit sur la coque du 60 pieds, Votre Nom Autour du Monde.

 

Particuliers et entreprises impliquésbertrand de broc 2

Bertrand de Broc vit aujourd’hui à Sainte Marine, un petit village à l’embouchure de l’Odet en Finistère Sud, non loin de Port la Forêt – repère de nombreux coureurs au large Français – où est basé le bateau et le Team Votre Nom Autour du Monde. Ce concept participatif lui permet d’embarquer à son bord plus de 10 000 particuliers et des entreprises autour du monde. « Nous avons une vingtaine d’entreprises autour du projet. Notre plus gros partenaire aujourd’hui est la Robinetterie Laurent qui nous aide en termes technique et nous donne les moyens de communiquer. On pourrait arrêter la série et partir sur des bateaux plus petits, mais cette classe offre le plaisir d’aller vite sur l’eau avec des bateaux fiables, intéressants et qui continueront encore d’évoluer dans les années à venir, parce qu’on trouve aujourd’hui qu’ils ne vont pas encore assez vite !»

 

Bataille sur mer et sur terre

bertrand de broc 3Avec un palmarès digne des grands navigateurs, le Breton ne semble toujours pas rassasié d’embruns et de compétition. Douze ans après sa dernière participation à la Route du Rhum, le navigateur est revenu cette année sur cette transatlantique. Il a été contraint d’abandonner la course après avoir heurté violemment un winch de cockpit avec son coude. Même si Bertrand de Broc avoue batailler tous les jours pour être présent sur les grandes épreuves du circuit Ocean Masters, sa passion pour les gros bateaux maintient sa motivation intacte : « J’ai toujours aimé les gros bateaux. J’aime bien manœuvrer, que ce soit tonique. J’aime bien aller devant quand ça brasse, ça fait partie de mes plaisirs en mer. On essaie de tenir notre place dans cette série, on fait ce qu’on peut et en tout cas on s’en donne les moyens, on donne beaucoup d’énergie, et on est assez fier aujourd’hui. J’apprécie la technique des bateaux de course, la recherche de budgets, la rencontre des gens, et ça me plaît encore, et tant que ça me plaira, je serai présent sur les lignes de départ. »

 

Palmarès d’un passionné de la mer

  • 3 participations au Vendée Globe (abandon en 1992-1993 et 1996-1997, 9ème position en 2012-2013) ;
  • 3 participations à la Transat Jacques Vabre (3ème en 2005, 5ème en 2007, 6ème en 2013) ;
  • 3 participations à la Route du rhum (1990, 2002 et 2014) ;
  • 13 participations à la Solitaire du Figaro (avec 2 arrivées en 3ème et 5ème place) ;
  • 7 participations à la Transat AG2R (2ème en 1994 et en 2000 et 3ème en 2010) ;
  • 8 participations au Tour de France à la Voile (Vainqueur en 1998 et 2004) ;
  • 4 saisons en Grand Prix Multicoque.

© Ouest Reporters

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